Mon blog

16 juin 2010

Jonzac 2010

Et voilà, encore une fête de l’amitié de passée et un an de plus aussi avant de nous retrouver.

L’année 2011, ce sera à nous, les Beaucerons, de nous y remettre et de faire un peu voyager et rêver nos amis des quatre coins de

la France.

Cette année, ce fut Jonzac qui nous accueillit. Plus précisément Ozillac et son domaine des Closnes où nous avons passé le week-end de

la Pentecôte

sous un soleil radieux et dans une ambiance chaleureuse.

Gérard et Annick ont su faire les choses au mieux de nos goûts divers et variés et  nous ont entrainés dans un voyage au cœur des énergies renouvelables, du thermalisme et de

la Charente

maritime profonde.

Nous avons eu droit à une éclade d’accueil somptueusement interprétée par deux jeunes serveurs en costume marin avant qu’elle ne soit furieusement engloutie par notre bande d’affamés.

Comme l’année dernière, la ségrégation a séparé, lors des repas, femmes et hommes permettant ainsi des discussions épiques pour les hommes sans contrôle conjugal et le pépiement permanent des pipelettes féminines assoiffées de nouvelles – et de rosé aussi - après un an d’isolement.

Un petit tour vers le casino où les plus téméraires ont perdu quelques euros aussi vite qu’il en fallut aux autres pour découvrir "les Antilles", vaste complexe aquatique qui offre à cette petite ville thermale un débouché nouveau et, pour les curistes, des loisirs aussi humides que les jets d’eau qui soignent leurs rhumatismes.

Nous avons aussi découvert l’histoire de la vallée de

la Seugne

, rivière qui en des temps préhistoriques remplaça progressivement le glacier qui occupait alors le paysage. La meunière nous initia au pressage des noix avant de se livrer à son activité de négoce en vendant aux épouses gastronomes, enfin à quelques unes, quelques litres de la précieuse huile, fruit de ses patients et laborieux efforts.

Pendant que mon cher et tendre s’éloignait pour découvrir en solitaire la villa gallo-romaine en cours de fouilles archéologiques, j’ai continué mes retrouvailles amicales en bavardant avec l’une et l’autre, des enfants, des vacances, des voyages, de tout et de rien, ce qui fait le charme de la conversation, quoi !

Le dimanche après-midi nous a vus parcourir en équipe le parc et le château de Pons transformé en attraction historique, château des énigmes où le secret des templiers nous attendait au bout d’un parcours sinon quasi initiatique, du moins  empli de rires et de bonne humeur.

La traditionnelle soirée  de gala a été marquée par la cérémonie des couvre-chefs, chapeaux de toute sorte et de toute forme qu’Annick avait confectionnés tout au long de l’année et qui nous vit ainsi tous affublés de bibis plus rococos les uns que les autres, entrainant fous rires pour le reste de la soirée qui se déroula, entre chants et danses, dans la chaleur de l’amitié.

Bonne soirée

Francette

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03 avril 2010

Pâques douces

Mes souvenirs d’enfance me reviennent en cascade. Ces matins de Pâques où dans le jardin de mon Grand-Père adoré, maître d’école laïc et farouche anticlérical, j’allais quand même ramasser les œufs colorés qu’avec ma grand-mère, ils avaient soigneusement cachés derrière les touffes de jonquilles, aux pieds des groseilliers et même à la fourche basse du mirabellier qui se dressait fièrement, comme symbole de sa Lorraine d’élection, au centre du potager.

Munie de mon petit panier, je n’avais de cesse de tout recueillir, en laissant le moins possible à mon frère cadet. Les cloches étaient revenues, avec leur cargaison succulente de friandises. On n’entendait plus, dans les rues, le chant claquetant des crécelles agitées par les enfants de cœur et les premiers jours des printemps d’alors s’ouvraient radieux sous un tendre soleil enfantin.

J’ai depuis, très souvent reproduit cette tradition avec mon fils. Je l’ai vécue également dans le jardin de mes parents ou à l’intérieur de leur maison, quand le temps s’avérait moins propice à ce genre de recherche  gourmande. Mon père, surtout, adorait cette cérémonie qui complétait, dans son rituel familial, les Noël préparés tout au long de l’année avec leur cortège de petits cadeaux supplémentaires qui venaient grossir les paquets et ravir les enfants,  petits et grands. J’avais un regard ému quand je voyais le sourire de papa suivre les chères têtes blondes de ses petits enfants dans leur course effrénée vers les plaisirs sucrés. Et les enfants de regarder surtout le panier des autres s’emplir plus vite que le leur, mais tout s’arrangeait à la fin sous un déluge de baisers chocolatés.

En parlant de chocolat, je ne sais plus d’où me vient ce dégoût des chocolats belges, pâteux et gras qui vous enveloppent la langue de leur viscosité sirupeuse. Je n’aime que les chocolats raffinés. Que la quantité n’y soit pas si la qualité est là ! Mon cher et tendre  me dit que si la qualité est là, c’est bien dommage que la quantité n’y soit pas. Mais comme je tiens à prendre soin de sa santé, je préfère qu’il n’y ait pas trop de ces bons chocolats à la maison. Aussi, je m'empresse de les manger dès leur arrivée, grignotant celui-ci, puis celui là et laissant entamé, livré à la gourmandise de mon époux, celui qui n’a pas trouvé grâce à mon goût capricieux.

Peut-être me suis-je trop gavée, certaines Pâques de mon enfance, de ces lapins de chocolats au ventre creux empli d’œufs à la liqueur? Je ne m’en souviens plus et ne reste, dans mon souvenir, que la couleur délicate des œufs durs bariolés dans le jardin de mes grand-parents, le froissement des papiers d’argent multicolores qui emballaient alors mes chers trésors de Pâques et le chuchotis attendri de mes aimés accompagnant ma recherche gourmande.

Que Pâques vous apporte à tous de tendres souvenirs d’enfance au goût et à la saveur exquisément parfumés.

A consommer surtout sans modération…

Francette

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28 février 2010

Le vent

"  Le vent tourbillonnant qui rabat les volets

Là-bas tord la forêt comme une chevelure.

Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure

Pareil au bruit des mers rouleuses de galets. "

Ces quelques vers d’une ancienne poésie, récitation apprise dans mes lointaines jeunes années me reviennent fortement en mémoire avec le temps actuel où rafales et ondées se succèdent sans répit, entretenant mon angoisse et me laissant toujours dans une vague inquiétude que rien ne semble pouvoir apaiser.

Quel long hiver qui m’ennuie et me rend morose ! Je ne rêve que de chaleur douce et de ciel serein, mais quand j’imagine mon pays de rêve, je commence à devenir exigeante.

Une chaleur calculée et même programmée, ni trop sèche, ni trop humide. Mes petites misères y disparaitraient ainsi progressivement, comme par enchantement. Finies, ces lassitudes, ces sensations de gêne et de fatigue. Des mouvements plus libres, plus aériens, plus gracieux …

Une marche moins chaotique et plus assurée. Plus de boue aux souliers. Que la douce sensation de marcher pieds nus sur un sable où l’on ne s’enfonce pas trop, ce sable un peu humide, mais en train de sécher que la mer a laissé vierge après l'avoir débarbouillé.

Oui, j’ai besoin de soleil, de lumière et de calme. Pas ce bruit lancinant de rafales qui ploient les arbres et arrachent les tuiles. Plus ce ciel gris et maussade qui me rend à son image, irritable et courroucée. Le ciel est si beau quand il est bleu et si douloureux quand il se fâche. Les anciens Grecs  voyaient, dans le changement de ses couleurs,  les émotions divines et les combats des dieux, Jupiter le tonnant et sa cohorte de vassaux  rugissants.

Que vite Phébus chasse Borée de mon ciel et que ses rayons viennent réchauffer la terre et guérir mon âme  mélancolique. Que ma belle et bonne humeur reprenne ainsi le dessus et qu’une petite brise légère et familière, comme la langue douce et râpeuse d’un chiot – souvenir ému de mon petit Vidocq - vienne de temps en temps se poser sur mon nez dans la chaleur fraîche d’un printemps retrouvé.

" Hiver, vous n’êtes qu’un vilain… " disait déjà dans le lointain moyen âge le gentil poète Charles d’Orléans. Il l’est resté encore, si longtemps après, ce vilain hiver.

Vite, que le clair printemps, que mon printemps revienne. Et le vôtre aussi, mes amis.

Francette

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19 janvier 2010

Umoja

Cela ne vous dit sans doute rien, ce terme qui ressemble à un sigle de mutuelle ou de confédération paysanne. Mais non ! C’est le nom d’une compagnie sud africaine qui parcourt le monde en présentant un magnifique spectacle musical sur les racines  des rythmes de son pays. Umoja, cela veut dire  "vivre ensemble" et nous sommes allés samedi soir les voir vivre ensemble sur la scène de l’espace Malraux de Châteaudun.

Quel dépaysement après une longue et triste semaine de neige, de brouillard et de pluie que d’être ainsi transportés dans un monde de couleurs et de sonorités sauvages, un monde où le mouvement est roi et la beauté souveraine. Nous avons fait un beau voyage, comme disait une ancienne opérette  bien éloignée du spectacle de ce soir là, un voyage exotique, passant des buissons de la savane - hantés par de vivantes statues d’ébène aux poitrines menues ou orgueilleuses et par des guerriers musclés aux torses  luisants - et allant jusqu’aux rythmes urbains d’aujourd’hui.

Dans cette promenade, notre mentor, sosie incroyable de Nelson Mandela nous conduisit par la main dans les rues de Durban, encanaillées et frondeuses, avec une police répressive toujours présente, dans les shebeens de Johannesburg, sortes de beuglants interlopes à la mode du pays où les instruments de musique africains traditionnels rencontrèrent leurs frères occidentaux pour créer un nouvel univers musical.

Les tableaux vivants se sont ainsi succédés tout au long d’un spectacle qui, bien que durant deux heures et demies, nous a semblé bien court et la troupe, riche de trente six chanteurs, danseurs et musiciens, a été longuement acclamée par des spectateurs enthousiastes qui garderont longtemps dans leurs têtes les sonorités syncopées et le chatoiement des costumes, cette énergie sauvage et tendre à la fois, le sang d’un peuple à travers sa musique.

Puis, nous avons, sous une pluie incessante, regagné notre home, sweet home avec des images belles de l’Afrique, si grand et si vaste continent où tout est bien loin d’être simple, beau et magique. Mais, ce soir là, c’est cette belle Afrique qui nous a parlé ou plutôt qui nous a chantés sa chaude et grande fraternité, celle du vivre ensemble.

Francette

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03 janvier 2010

Bonne année

enveloppe voeux

En ce début de l’année nouvelle, je voudrais pour vous qu’elle soit belle…

Qu’elle vous apporte des baisers, des bouquets de fleurs, la santé,

Un peu d’argent dans vos poches et le grand amour de vos proches.

Je voudrais pour vous le ciel bleu, le grand soleil des jours heureux,

Des amis proches et lointains pour vous guider sur les chemins.

Je voudrais aussi des mots tendres et des sourires à revendre.

Donnez les plutôt, il m’en reste, des rires aussi et des gestes

Et des pensées contre l’oubli, et la chaleur dans votre nid.

Je voudrais pour vous le courage, la joie toujours sur vos visages

Un printemps semblable à l’été et l’hiver bientôt débarqué…

Que la vie vous soit délectable, un grand festin sur une table

Toujours garnie de mets exquis, sans amertume et sans souci

Et puis des jours clairs et beaux, bonheur caché sous un chapeau,

Des chansons encore dans vos têtes et les couleurs des jours de fête,

Bref, enfin des images, celles promises aux enfants sages,

Celles enfin que je vous donne, mes chers amis dont je m’étonne

Que vous soyez si près de moi alors que je ne vous vois pas…

Si, je vous vois ! Vous êtes là, blottis toujours auprès de moi.

Que ma pensée vers vous s’envole et vous apporte mes paroles

Un souffle qui la braise attise me suffira, que je vous dise

Les mots qui viennent sous ma plume quand vers le soir mon cœur s’allume.

Je laisse ici mon bavardage, mes chants d’oiseaux et mes ramages

Vite sont partis vers vous mes vœux vers le clair regard de vos yeux.

Qu’ils vous trouvent tous en joie, en pleine santé et ma foi,

Qu’ils vous tiennent chaud cette année à leur flamme toujours allumée…

Francette

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22 décembre 2009

Noël en marche

Noël s’approche doucement à petits pas de neige.  Déjà, il a escaladé les façades et posé ses guirlandes lumineuses sur les terrasses et sur les toits. Chez moi, pas de ce genre d’illuminations extérieures. J’aime bien chez les autres, apercevoir au hasard de mes promenades, la jolie crèche que celui-ci a posé momentanément sur son balcon ou bien encore le scintillement des lumières argentées qui  fait étinceler le jardin de ce sans doute employé d’EDF, disposant pour lui seul au moins d’une centrale nucléaire.

Non, mon Noël à moi est bien plus prosaïque. Il m’a vue ainsi descendre dans mon sous-sol où j’ai récupéré les cartons de l’année dernière, qui étaient déjà ceux de l’année d’avant et ainsi de suite, cartons où j’entasse les petites boules rouges et blanches qui viendront décorer mon sapin.

Il fut un temps où celui-ci sentait encore bon la résine. Nous l’achetions parmi tous ses frères de Supermarché après l’avoir choisi un peu touffu, ni trop petit, ni trop grand. Nous nous souvenions de cette année où il avait fallu réduire la taille de notre invité en lui sciant les pieds et en l’étêtant un peu car il ne rentrait pas, le pauvre, dans notre salon. Mais depuis longtemps déjà, et sans que la préservation de la nature, propre aux écologistes à la mode d’aujourd’hui, soit notre principale préoccupation, nous avions opté pour un sapin synthétique, moins parfumé, mais réutilisable et ne laissant pas sur le tapis la lente agonie de ses épines.

L’installation de l’arbuste de métal et de polyester sur son socle bancal ne manque jamais de me causer quelque problème au moment où je commence le maquillage qui va ainsi transformer mon étique compagnon de Décembre en fascinant petit prince de la forêt. Et que je lui pose doucement là une larme blanche, ici une rouge tache d’émotion, ici encore un petit champignon triomphant et là enfin un petit lutin malicieux.

De temps en temps, une boule s’écrase au sol avec le bruit cristallin de ses éclats suivi d’un juron de mon cher et tendre, mon assistant dans cette délicate mission, qui s’empresse alors d’aller chercher l’aspirateur afin de réparer les dégâts. La guirlande lumineuse vient ensuite s’enrouler autour des frêles branchages si lourdement chargés, tandis que des filets d’argent donnent la touche finale à notre chef d’œuvre d’un moment.

C’est bien ce moment magique, qui ne vient qu’une fois l’an, qui marque pour moi vraiment l’arrivée de Noël. Il y a aussi, bien sûr, les derniers cadeaux à faire, l’emballage délicat des paquets, les étiquettes colorées à remplir ( j’aime bien mieux celles que je fais à l’aide de mon ordinateur que celles achetées toutes faites ), le stockage dans le bureau dans de grands sacs de tous les cadeaux à emmener. Bref, tout ce qui précède Noël est déjà un plaisir que j'aime faire durer le plus longtemps possible.

C’est bien cela qu’on appelle le plaisir, n’est-ce pas, le faire durer longtemps, longtemps….

Que votre Noël soit aussi clair et beau que le mien, qu’il sente bon le bonheur et la joie, la famille, qu’il rayonne des éclats de rire des petits et des grands, enfin bref, qu’il vous aime…

Francette

Posté par grfrancette à 11:37 - Commentaires [2]

29 novembre 2009

un samedi soir

Un samedi soir, vers 20 heures.

Le parking du parc des expositions de Chartres déborde. L’afflux continuel des voitures qui s’enfoncent dans les allées à la recherche de la moindre place pour se garer, défonce les pelouses gorgées d’eau et transformées en véritables bourbiers. Malgré la pluie et les rafales de vent, rien ne semble décourager les spectateurs qui se pressent ainsi d’arriver avant que la musique ne commence. Nous sommes, nous aussi, venus assister ce soir à

la RFM

Party

des années 80.

Alors que nous nous installons à nos places attitrées dans les gradins, nous pouvons contempler le public qui s’agglomère devant la scène, là où debout et comprimés, les plus ardents ou les plus démunis  des fans de ces années là vont pouvoir applaudir leurs vedettes, faire un retour en arrière vers un temps pas si lointain que cela. 

Pour moi, je dois dire que ces années là sont surtout celles où j’ai vu mon fils passer de l’état d’enfance à l’adolescence et aux différents états psychologiques que cela suppose. Je dois dire que les chanteurs de l’époque ont laissé moins de souvenirs dans ma mémoire affective que ceux de ma propre jeunesse, celle où Leny Escudero voisinait avec Georges Chelon et Georges Brassens, les deux Georges, il faut bien l’avouer à des degrés divers.

Mais bon, une petite soirée sympa à Chartres, cela ne se refuse pas.

Archibondée, la salle bruisse de toutes ses rumeurs tandis qu’un écran géant diffuse des publicités sur la croisière spéciale années 80 ou sur la compilation des meilleurs titres à prix exceptionnel éditée à l’occasion de la tournée. Les bobs du sponsor automobile de la manifestation ornent déjà quelques têtes tandis que les perruques de filaments argentées vendues avec le programme du spectacle transforment les filles qui les portent en gogo girls ou en arbres de noël rabougris en fonction des minois qu’elles recouvrent.

Un chauffeur de salle dynamique et vibrionnant a tôt fait d’allumer l’enthousiasme du public qui ne demandait que cela en proposant un medley des musiques de séries-télés de ces années  là.

Puis, alors que la température est montée d’un cran, c’est la succession des idoles plus ou moins connues d’hier ou d’avant-hier et dont, pour la plupart, la gloire ne s’est limitée qu’à une chanson. Cette chanson, c’est celle qu’ils font maintenant reprendre en chœur à un public dont je m’étonne qu’il connaisse aussi bien les paroles de ces éphémères succès.

Cabossées, les vedettes d’hier, un peu moins minces, un peu blanchies, voire chauves pour certaines, mais la voix reste là et l’accueil du public semble encore plus les galvaniser au point que c’est lui, le public, la vedette de la soirée, vedette que tous les chanteurs applaudissent à la hauteur de son enthousiasme.

Des noms, je ne me souviens que des plus connus – Jean Pierre Mader, Cookie Dingler ( c’est Gérard qui me souffle ), Début de soirée, Eric Morena, François Feldman, Sabine Paturel et ses bêtises, le Grand Orchestre du Splendid, le couple Peter et Sloane recomposé pour la tournée, Jean Luc Lahaye qui doit sans doute à la qualité de son coiffeur le corbeau noir de sa chevelure, et puis encore Jackie Quartz un peu empâtée, Desireless, à la moquette capillaire à présent tondue , j’en passe et des moins connus encore …

Deux régies son et lumière actionnées de main de maître par des techniciens hors pair viennent apporter les décors virtuels qui illustrent les chansons tandis que sur l’écran géant passent d’anciens clips ou les paroles karaokés des succès les plus connus repris en chœur par le public enthousiaste.

Une troupe de danseurs et danseuses virevolte dans l’accompagnement de chaque artiste. Les changements rapides de costumes et une scénographie tonique  maintiennent ainsi le public dans une sorte de transe amplifiée encore par la hauteur des décibels de la sono.

Bref, nous sommes sortis de là un peu déphasés après plus de deux heures  de spectacle. Parmi tous ces bras levés, tous ces applaudissements, tous ces cris et ces clameurs, tous ces refrains d’hier repris à gorge déployée par des générations différentes, les flashs des appareils photos et des portables répondant au déchainement lumineux des projecteurs, nous avons navigué vers la sortie sur la vague du public affrontant de nouveau la pluie nocturne et le gigantesque embouteillage bourbeux qui a suivi le spectacle. Débandade générale !!!!!

Voilà, c’était un samedi soir à Chartres, retour en arrière, c’était hier …

Francette

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23 novembre 2009

rupture et infidélité

Oui, infidèle, moi, je viens de l’être après tant d’années de conduite sans faute, d’union à la fois chaleureuse et discrète, de souvenirs construits en commun, de routes parcourues ensemble… La lassitude, sans doute, le désir de voir d’autres horizons, de vibrer à d’autres trépidations, d’être à la fois plus libre et plus tranquille…

Oui, c’est tout cela qui m’a fait, non sans regret, croyez-le bien abandonner ma petite Rover 111 qui m’avait accompagnée sur les routes depuis les années de lycée de mon fils et vers mon bureau tous les jours pendant près d’un lustre de travail quotidien.

Je l’ai lâchement abandonnée devant le garage Peugeot où j’ai rencontré ma prochaine compagne de plaisir et de liberté, une petite et attendrissante 107 blanche comme ma Rover rabougrie, mais fraîche elle, et les phares pimpants, un tableau de bord tout neuf, mais des fenêtres arrière un peu trop étriquées à mon goût pour la réalisation tranquille des marche-arrière ou des créneaux.

Je l’ai laissée là, devant la concession,  ma fidèle petite voiture et en la quittant, je l’ai même dépouillée de tous les souvenirs communs qui nous unissaient : vieilles pièces de monnaie abandonnées au fond de la boîte à gant, paire de lunettes de soleil aux verres fendillées et aux branches mutilées, raclette à givre, vieux tickets de parking, triangle rouge et gilet jaune, boîte d’ampoules inutilisées, vieux bidon d’huile à moitié vide, ne lui laissant rien d’autre que son pauvre carnet d’entretien inutile, à présent que je la livrais, en bourreau que j’étais aux démolisseurs puisque la prime à la casse m’assurait quelques centaines d’euros de plus dans mon escarcelle. Ne croyez pas que je sois sans cœur, car j’avais quand même un peu la larme à l’œil quand je suis partie sans me retourner, espérant peut-être de sa part, mais sans trop d’illusion – faut pas abuser quand même ! - un petit coup de klaxon tendre, comme un ultime adieu. Mais rien…

On n’est jamais content. A peine au volant de l’usurpatrice, voilà déjà que je remarque les défauts de ma nouvelle conquête et Gérard s’y met aussi . Lui qui, lorsqu’il veut bien, en taisant son angoisse, que je le conduise, ne trouve pas au plafond la poignée où il savait si bien se suspendre dans

la Rover. Et

le coffre, me direz-vous ? Ne parlez donc pas de ce qui n’existe pas. J’ai voulu y caser une simple boîte de rangement pour mes chaussures de randonneuse et je n’ai pas pu, même après bien des efforts la faire entrer. Une simple clayette à oignons me tient donc actuellement lieu de réceptacle à pataugas…

Par ailleurs, je ne sais pas si c’est ma vue qui faiblit ou mon pied sur l’accélérateur qui soudain s’affaisse peut-être à cause de l’âge, mais la fâcheuse tendance à dépasser les

90 km

à l’heure semble plus fréquente au volant de

la Peugeot

que dans mon ancienne compagne de route.

Il va falloir que je la dresse, celle-là, qui chaque fois que je fais pénétrer à l’arrière sans chausse-pied, mais avec quelques difficultés, mes compagnes de randonnée, laisse mon siège inerte alors que ma pauvre vieille laissait toujours retomber le sien à l’emplacement exact de mon royal postérieur. Tout fout le camp, je vous le dis !

A part cela, un énorme compte-tour comme une verrue proéminente sur le front du compteur de vitesse attire irrésistiblement mon regard alors que je ne vois pas la flèche indiquer une vitesse toujours excessive au goût de mon cher et tendre. Heureusement que celui-là n’est pas toujours accroché à mes basques, car ma relation qui commence seulement avec mon nouvel amour de voiture ne pourrait se développer dans la parfaite sérénité que je souhaite. Une longue et tendre entente sans heurt, ni cahot, sans panne, sans rupture, une nouvelle fidélité quoi…

Francette

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13 novembre 2009

film

LE CONCERT

Film de Radu Mihaileanu

Avec : Aleksei Guskov, Mélanie Laurent, François Berléand, Miou-Miou

A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire.

Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais comme homme de ménage.

Un soir, alors qu'Andrei est resté très tard pour astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé à la direction du Bolchoï: il s'agit d'une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l'orchestre officiel à venir jouer à Paris. Soudain, Andrei a une idée de folie: pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd'hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï? L'occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche !!!

Par ce bel après-midi du 11 novembre où partout dans

la France

profonde de nombreux cortèges et défilés  rendaient hommage à nos poilus d’il y a près d’un siècle maintenant, nous sommes allés aux Enfants du Paradis, multi-complexe chartrain voir ce joli film franco-russe qui nous a enchantés.

Les personnages, l’histoire, les trognes de  ces éclopés anonymes de l’histoire nous ont émus et entrainés dans une folle et improbable aventure qui finit bien. Cela n’est guère vraisemblable, mais ça fait un bien fou à l’âme, même si l’on ressort de la séance avec quelques larmes encore au coin des yeux.

La musique surtout, ce concerto pour violon et orchestre de Tchaïkovski qui envahit l’âme du chef d’orchestre et à travers lui tout un pan de l’histoire de ces trente dernières années. Si vous avez aimé " les Virtuoses", petit chef d’œuvre du cinéma anglais, vous aimerez aussi ce film là, n’en doutez surtout pas.

Et la gracile silhouette de Mélanie Laurent, en violoniste virtuose, vous fera frissonner de toutes les fibres de son archet magique. J’ai adoré surtout un personnage, celui de l’ami  raisonnable et volontaire, de ce gros ours moscovite aux origines hébraïques et à la tendresse protectrice.

Mais, à y réfléchir, tous les personnages, même les plus infimes silhouettes apportent quelque chose à la profondeur émotionnelle de ce film qui nous a laissé à tous les deux des images à revisiter dans notre petite cinémathèque personnelle, celle qui se cache bien au fond de nos cerveaux et qui est unique, jamais identique à une autre.

Allez voir ce film, vous ne serez pas déçus.

Bonne nuit

Francette

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04 novembre 2009

ma ferme

Si, comme le disait Sully à notre bon roi Henri,  "Labourage et Pâturage sont les deux mamelles de la France", il n’y a que fort peu de temps que je me suis abreuvée de ce lait là . Et c’est mon arrivée sur Facebook et les sollicitations de quelques amies qui s’y étaient réfugiées, cachées bien au chaud dans un petit coin de cet immense espace, qui m’ont fait pénétrer dans l’univers magique de la Ferme.

Mais non,  pas la Ferme Célébrités ! Est-ce que j’ai une tête de célébrité, moi,  je vous le demande un peu !

Non, la Ferme, c’est un jeu interactif et collectif sur Internet où l’on arrive peu à peu, grâce à un pur et quotidien labeur virtuel, à construire son royaume agraire, petite ferme entourée de jolis rangs de plantes potagères, d’arbres fruitiers, de vignes ou de champs de blé.

Chaque personnage de cet étrange espace est figuré par une minuscule silhouette qui se déplace soit dans sa propriété, soit sur la place du marché pour y proposer ses services aux autres exploitants et travailler ainsi sur leurs propriétés. C’est ainsi que l’on se crée des liens amicaux, proches ou lointains, d’ici ou d’autres continents, tous occupés à gérer leur petit espace virtuel, à s’enrichir grâce à un travail acharné pour pouvoir accroître leur domaine, le rendre plus joli ou plus imposant.

Les caractères s’y affirment. On reconnaît les laborieux, les économes, les prodigues, les esthètes et les intoxiqués. En parlant de ce dernier type, il me semble que depuis quelque temps déjà, peu à peu une insidieuse addiction s’est emparée de moi et que je consacre de plus en plus de temps à ce monde d’illusions et de fantasmagorie rurale.

Figurez-vous que je regarde maintenant d’un autre œil les véritables paysans, ceux de ma Beauce d’adoption qui ne craignent pas eux non plus de rester au volant de leur tracteur jusqu’à minuit passé labourant leurs champs, bien réels ceux-là, à la lueur éblouissante de leurs puissants projecteurs. 

Il me semble bien qu’une chanson populaire disait "Labourer, labourer, c'est la joie du paysan. La bourrée, la bourrée, oui ça fait passer le temps ".

C’est bien ce qui est en train de se passer pour moi, toujours occupée à chercher du travail pour agrandir mon exploitation et fleurir mon jardin. Mais trouvez-moi donc d’autres tâches plus enrichissantes, mes amis du Net,  car dans cet univers là,  labourer, c’est ce qui rapporte le moins !  Quand viendra donc pour moi, tous les jours, le temps des récoltes ?

Je dois confesser que je récolte quotidiennement : éclats de rires pratiquement à chaque moment en voyant se déplacer tous ces petits êtres virtuels derrière lesquels se cachent de jolies jeunes femmes, ou de vilains barbus, quelques adolescents boutonneux, de petits enfants timides et des grands-mères  un peu folles, mais toujours dans le vent.

C’est de moi dont je parle ici. Enfin, mamie plutôt que grand-mère. Les grands-mères ne résistent pas aux dents carnassières des méchants loups, les mamies, si, les super-mamies surtout !!! Lol !!!

Francette

Posté par grfrancette à 11:38 - Commentaires [4]